Voyage, voyage

« On avait déjà fait la Thaïlande ! Alors maintenant que les frontières ont rouvert on a trop envie de faire l’Amérique latine. »

Cette expression, vous l’avez certainement entendue cet été. Avoir « fait » une ville, un pays, une destination. À quelle vision du monde, du voyage, notre génération en est-elle arrivée pour utiliser (moi la première) cette étrange tournure ? On pourrait d’ailleurs s’amuser à la transposer dans une autre époque, ou une autre géographie : « on avait déjà fait la Meuse, on a trop envie de faire la Lozère » !

Au fond, je crois que cette deuxième version me donne presque plus envie de faire mes valises. Car aujourd’hui, on peut vite se retrouver à partir loin, très loin, pour retrouver ses congénères sur le même spot « incontournable » repéré sur Instagram…. Absurdité du tourisme à l’heure des réseaux sociaux. 

Avoir rêvé une destination pour y trouver la pollution, le bruit, le jetlag et la tourista. Idéaliser la « rencontre avec les populations » (sic) pour s’y faire rouler en payant un prix indécent un repas décevant.

Une fois encore, on est paumés.

Que va-t-on chercher en voyage ? Où aller pour le trouver ? Comment être cohérent tout en vivant nos rêves ? Découvrir des endroits sauvages et préservés sans avoir préalablement déversé des litres de kérosène…?

« Partout, il y avait trop de bruit, trop de discours. Un jour j’en ai eu marre de cette frénésie et je suis parti. » 

Ces mots de Charles Wright dans son excellent livre « Le chemin des estives » font vibrer en moi la corde de mes plus beaux voyages.

Silence. Calme. Immensité. 

Et vous, quelles sont vos « bonnes » raisons de vous échapper ?
Au fond, pour quoi voyage-t-on ?

#voyagevoyage #léditoducaféminin 

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