« Tes poussins quitteront le nid et que seras-tu alors ? »

Les grossesses, les naissances, les premiers pas, les premiers mots, les histoires du soir, la pointure à vérifier, « qu’est-ce qu’on fait pour le dîner ? », les rendez-vous de dentiste, les devoirs, « ne tape pas ton frère », la fatigue, le découragement, l’admiration et par-dessus tout cet étrange sentiment de plénitude et de paix en même temps que d’aventure et d’angoisse sourde.

La maternité.
Mon quotidien depuis dix ans. La tête dans le guidon. Parfois sous l’eau.

Les injonctions sur la façon de s’occuper d’un enfant en 2021 me touchent peu. Lucky me ! L’impératif de rester femme par-delà la mère m’interroge, en revanche.

Il y a ce sous-entendu, léger mais tenace, que trop se dévouer c’est s’oublier. Que se sacrifier c’est se perdre. Que penser d’abord aux autres c’est ne pas penser assez à soi.

« N’oublie pas, dans quelques années, tes poussins quitteront le nid et que seras-tu alors ? A quoi serviras-tu ? »

Mince alors, on m’a toujours appris à ne pas mesurer la valeur d’une personne à son utilité ! Mais surtout à ne pas plaquer de recette toute faite. Le travail rémunéré ou non, la passion développée ou non, le nombre de sorties sans enfants par mois – ou par an. L’équilibre est si personnel, le dosage est si subtil et si mouvant.

Entre regretter l’insouciance et la liberté de l’époque sans enfants et anticiper la réinvention nécessaire à leur départ, le véritable cadeau de l’instant – le présent – c’est l’amour que je distribue là, maintenant, à l’endroit où je suis et dans ce tout petit geste que je fais.

Il est bon, parfois, de se le rappeler et de ne penser à rien d’autre !

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