Au Caféminin, je suis abonné sous le pseudonyme de « Nestor ». Marié, deux enfants, un gendre et un petit-fils, je suis cadre d’entreprise, nous avons deux voitures… Bref, un contribuable bien ordinaire.

Nous n’avons pas fait de choix de vie singulier, du type quitter la ville pour la campagne, partir sur les routes du monde à pied ou à cheval. Et pour être tout à fait honnête, si je ne suis pas trop consumériste c’est sans doute autant par raison que par choix ! Alors pourquoi avoir accepté de livrer un témoignage de père sur le thème de la simplicité ?

Peut-être parce que le Caféminin est cet endroit où l’on peut raconter une histoire, la sienne, sans avoir la certitude qu’elle soit exemplaire ou même duplicable ; une histoire comme une invitation, un signe de piste à suivre, pourquoi pas.
Voici la mienne.

C’est celle d’un papa qui réveille ses enfants (8 et 10 ans) le dimanche matin, en automne, de très bonne heure, pour rouler dans un silence plein de sommeil jusqu’au cœur de la forêt de Chambord, y laisser sa voiture et s’enfoncer à pied plus encore dans les bois, de nuit, en tenant des petites mains.

La forêt est pleine de bruits et d’ombres sur lesquels chevauche notre imaginaire, pendant que nous progressons avec la consigne d’être silencieux. Arrivés en lisière de la clairière ciblée, il faut se poster en hauteur et attendre, dans le froid, le lever du jour. Et là, comme espéré, la magie opère.

Dans la brume et la pénombre se dessinent les silhouettes des grands animaux. Les yeux des enfants sont immenses, inutile de réclamer le silence. Le spectacle est intégral, sons, odeurs, couleurs nous emportent, nous faisons corps avec la forêt !

La fête est brève, elle s’achève quand les acteurs se retirent au lever du rideau de brume et que le soleil commence à réchauffer timidement les spectateurs. Sur le chemin du retour, plus de peur lorsque surgit un sanglier au saut de l’allée : ce monde est à présent aussi celui de mes enfants.

Un bonheur simple mais si puissant que les yeux de ma fille, 16 ans plus tard, en brillent encore ! De quoi lui donner l’envie de faire briller aussi ceux de son fils, du haut de leur 6ème étage, en centre-ville.

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