« Serre-moi juste dans tes bras. »



C’est l’histoire d’une journée grise. Vous savez, une de celles où rien de terrible ne s’est passé mais rien de bon non plus. Une journée dont on peine à tirer la moindre satisfaction. Une journée comme un long escalier, dont les dernières marches nous achèvent.


On se retrouve à deux dans la quiétude du soir, et pourtant on ne parvient pas à s’apaiser. Ça gronde au-dedans, ça bouillonne. Frustrations, rancœurs, aigreur, tristesse même. On sent que le cocktail est là, explosif. Il n’attend qu’une chose : l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.


On l’attend presque, cette maladresse, ce faux pas. Ce truc qu’il n’aura pas fait, ce mot qu’il aurait mieux fait de ne pas dire, cette attente non comblée. Ce petit prétexte qui nous autorisera, enfin, à nous mettre en colère. Qui libèrera le torrent de boue qu’on doit bien déverser quelque part. Il nous la faut, cette raison bidon. 


Parce qu’assumer notre colère, reconnaître la violence de ce tourbillon qui nous tord le bide, c’est trop dur. C’est regarder de face ce qui nous pèse, ce qui nous blesse, ce qui nous a manqué aujourd’hui. Alors c’est lui qui prend.


C’est toi qui prends, et c’est injuste. C’est toi qui prends, parce que je me sens tellement en sécurité. Parce que je me sens tellement aimée. Parce que je sais que je peux, parce qu’au fond je sais, que tu me pardonneras. 


Alors laisse-moi te dire, pour la prochaine fois : sois l’arbre qui résiste au torrent. Sois grand, stable et droit. Sois rassurant, « tout ira mieux », chuchote-le-moi. Serre-moi, juste, dans tes bras.

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