✍🏻 par Pierre-Marie Sève, 27 ans, vice-président de Stop au Porno… et amoureux !


« Depuis quelques décennies, la culture ambiante veut « libérer » l’amour.

Et celui-ci est mis à toutes les sauces : comme on veut, qui on veut, quand on veut. On en parle à la télévision, à la radio, au cinéma, dans les chansons, dans les magazines. Bref, l’amour sous toutes ses formes est devenu un critère de décision ultime et le graal sacré auquel personne ne peut toucher.

Mais du même mouvement, je pense qu’on a galvaudé l’amour. On l’a étudié, on l’a filmé, jusqu’à le singer selon le mot de Martin Steffens. Puisqu’il était vu comme la clé du bonheur, il a fallu en jouir plus et en tirer tout le plaisir possible, en d’autres mots, le consommer.

Et pour consommer, il faut rationnaliser : il a donc fallu mesurer le sentiment amoureux, mesurer sa naissance et sa mort (supposée être à 3 ans), mais aussi mesurer les sexes, le rythme amoureux, les fantasmes, etc…

Or l’amour rationnel n’existe pas. Tous ces calculs, toute cette mise à nue (au sens propre et figuré) ne peuvent aboutir qu’à la catastrophe : la fin de l’amour. Car le mystère de l’amour, s’il existera toujours, rétrécit à mesure qu’on le quantifie et qu’on le qualifie.

Derrière les mots crus, les publicités « libérées » et les discours faussement subversifs, c’est l’amour qui est attaqué.

La pornographie est l’expression suprême de cette scientifisation, de cette rationalisation de l’amour.
La pornographie est la capacité, grâce à internet, pour tout être humain, de 0 (si si) à 99 ans, de s’offrir pour quelques instants l’amour sans bonheur, l’amour comme un bien de consommation. Les hommes, et aussi les femmes, qui s’y adonnent détruisent ainsi à coups de marteau, sans que par définition l’on puisse mesurer combien précisément, ce mystère immense qu’est l’amour.

Aujourd’hui, l’ampleur du nombre de consommateurs conjuguée à l’ampleur de la fuite en avant dans les fantasmes sexuels consommés y sont d’un niveau extrêmement inquiétant. Car dans ce silence quasi-général, c’est l’amour pour des générations entières qui pourrait disparaitre. 

Saurons-nous leur transmettre l’amour ? »

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