Non, ce n’est pas ça, l’amour. 
Ces corps objets, ce mépris, ces images qui salissent l’œil et le cœur.

Mais est-ce ça, l’amour ? 
Le coup de foudre, l’union des corps comme évidence, la passion, le happy end ?

La pornographie a cela de facile que ses mensonges et ses dégâts sautent aux yeux. Mais le romantisme à outrance ? 

Les comédies « feel good » et « à l’eau de rose » affichées comme distraction légère ne participeraient-elles pas à une idéalisation qui entraîne frustration et déception ?

« Les films fleurs bleues, c’est votre porno à vous, mesdames ! » s’était exclamé mon professeur de philosophie.

Voyons ! Le romantisme n’utilise pas l’autre comme un objet, ne réduit pas l’amour au sexe, il célèbre les sentiments et le couple ! 

Oui, mais… Si la pornographie abîme notre rapport au corps, le sentimentalisme, lui, affecte bien notre rapport aux émotions.

Ce romantisme naïf ou mièvre ment. Lui aussi, il peut devenir une drogue. Lui aussi, il construit une fausse image du réel dans laquelle il est facile de se complaire.

La rencontre orchestrée comme fruit du hasard et en même temps du destin. La 1ère fois magnifiée comme lieu de tendresse et d’osmose sans tâtonnements ni mots tremblants. Les preuves d’amour irréalistes présentées comme normales. Puis attendues, comme une évidence que l’autre devrait deviner. L’émoi et la passion que les années n’ébranlent pas. La communication toujours facile voire inutile. Les différences célébrées pour être mieux gommées, comme si elles n’étaient pas un vrai sujet.

Pour la jeune fille qui construit sa vision du monde et du couple en rêvant, en projetant, en attendant. Pour la femme qui compare, espère, se réfugie. Les dégâts sont réels et trop souvent niés. 

Alors, gardons en tête que s’il est fondamental d’élever nos garçons et nos filles dans le respect tremblant d’admiration du corps, de l’autre ; il est au moins aussi important de les faire grandir avec un regard critique sur ces mirages-là.

Parce qu’il serait trop facile de dénoncer un mensonge contre lequel on se sent armé, sans regarder en face ses propres faiblesses.

Finalement, la vérité est toujours un chemin de crête entre des fuites possibles du réel…

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