Nature et émerveillement en famille

Agathe est maman d’une petite fille de deux ans et demi. Elle vit en famille à la campagne, au milieu de la nature et cultive la célébration, la lenteur et l’émerveillement au quotidien.

Retrouvez son témoignage sur la simplicité !



Peux-tu nous dire pourquoi tu en es venue à vivre la simplicité en famille ?


Honnêtement à bien y réfléchir, j’ai l’étrange impression que ça a été un processus progressif mais à la fois quelque chose qui s’est imposé à moi. Comme une évidence. Très vite, dès ma grossesse, j’ai ressenti que quelque chose dans les pratiques « conventionnelles », « habituelles » de la société en matière de maternité me dérangeait. Ne collait pas avec moi. Et s’est enclenchée une recherche d’autre chose. De différent. De mieux (pour nous s’entend, je ne prétends pas détenir une vérité absolue pour les autres évidemment). Et je crois que c’est par le biais de cette recherche/volonté d’alternative que j’ai découvert la pédagogie dite Steiner-Waldorf dont la simplicité est, à mon sens, le fondement et la raison d’être. Plus je découvrais la philosophie, les préceptes et les fondements de cette pédagogie et plus tout pris du sens pour moi.

Il était évident que les enfants avaient besoin de moins mais de mieux, de plus d’esthétique, plus de sens et plus de naturalité pour grandir et se développer. Alors petit à petit mes priorités, mes envies, ma vision entière de la maternité et même du monde ont changé.



Comment appliques-tu cette simplicité au quotidien avec tes enfants ?


Je crois qu’il y a trois choses.

D’abord en lâchant prise (ou essayant tout du moins, parce qu’il me semble que toutes les mamans du monde savent que ce n’est pas toujours si simple ;)) sur de plus en plus de choses. En essayant de regarder et analyser le monde non pas avec les yeux d’une adulte avec ses obligations, son emploi du temps serré et ses difficultés multiples. Mais avec ceux de ma fille. Innocents, prompts à l’émerveillement pour trois fois rien et libres. Libres de tout ce qu’ils veulent voir et faire. Et d’adapter mon quotidien au sien plutôt que le sien au mien comme c’est presque toujours le cas des familles.

Ensuite, la décision que nous avons prise de déménager à la campagne participe de beaucoup à la vie plus simple aussi. Parce que vivre simplement à mon sens NECESSITE véritablement un recours aux forêts. Un retour à la nature. Pour vivre d’elle, avec elle, se reconnecter à elle. Ce qui se traduit chez nous par la vie dehors, 99% du temps, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, qu’il fasse jour ou nuit. Et par la célébration de tous les petits évènements de l’année, pour apporter de la magie dans le quotidien. Et réapprendre à s’ancrer dans les traditions ancestrales de notre vieux continent. Et marcher dans les pas de ceux qui nous ont précédés. Pour retrouver et remettre du sens en tout.

Enfin, je pense que par-dessus tout, la définition de la simplicité c’est « moins mais mieux ». Moins de jouets, plus beaux, plus durables, et polyvalents. Un beau jouet qui stimule l’imaginaire et la création plutôt que mille qui ne permettent rien d’autre que la pollution visuelle.

Sans oublier le fait d’essayer de ne surtout pas tomber dans la course à la performance et à la stimulation toujours plus importante de nos enfants. Qui nous pousse naturellement à nous comparer aux autres mamans, aux autres enfants. Qui a commencé à lire à 2 ans et demi, qui fait 72 activités par jour, qui a 14 mots de vocabulaire en plus. Et qui est juste malsain pour nos enfants. Donc la chose que j’essaie aussi d’appliquer c’est des journées sans programme, sans liste de choses à faire avec Blanche. Notamment les jours où on est que toutes les deux à la maison. On profite de boire le biberon dans le lit ensemble le matin, on prend des bains, on écoute de la musique, on danse, on lit des histoires devant le poêle, sous une couverture. Et on sort s’aérer un peu. Mais c’est tout.

Donc en fait si je devais définir la simplicité dans l’enfance pour moi ce serait quatre mots : Cocooning – Nature – Célébration – Magie.



En quoi trouves-tu que c’est essentiel dans notre société actuelle ?


Parce que je crois véritablement que notre société va mal, à tout point de vue, qu’elle a perdu le sens du beau, du vrai, du réel en se déconnectant de tout ce qu’il y a de plus naturel. Qu’aujourd’hui nos enfants sont jetés dans un bain de laideur, d’angoisse et de vide culturel et intellectuel. Que le niveau dans les écoles baisse malheureusement inexorablement.  Et surtout que le système que nous avons laissé installer est un système où les parents ne sont plus là pour se préoccuper de l’éducation de leurs enfants. Pas par manque d’envie ou d’intérêt et bien sûr. Mais par manque de temps. Pris à mon sens dans une course contre la montre perpétuelle. Qui rend tout compliqué et anxiogène. Et qui détruit à petit feu le noyau familial. A l’instar du statut de la mère au foyer qui autrefois était le fer de lance et la clé de voûte de la sphère familial et plus largement de la société et qui aujourd’hui est tellement honni et sous-évalué.


A mon sens il est plus que temps que les choses changent. Et que l’on retrouve le bon sens des siècles passés. Mais, assez peu encline à l’utopie, il m’apparait qu’à défaut de pouvoir tout changer, il est absolument vital de protéger nos enfants de cette folie en leur offrant un cadre de vie plus calme, apaisé, sain, enraciné pour qu’ils puissent se développer à leur rythme. Et puis prendre le temps de leur transmettre un maximum. Parce que c’est en sachant d’où ils viennent qu’ils sauront où ils vont et qu’ils pourront y aller sereinement, en cherchant à construire à leur tour, et dans la continuité de leurs parents, un monde plus apaisé que celui que nous connaissons aujourd’hui.



Merci Agathe !

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