Mettre la fertilité et sa temporalité au cœur de nos réflexions.

« Le cursus honorum actuellement valorisé est totalement à l’inverse de la temporalité féminine.

Des études longues jusqu’à 25 ans, soit le moment où la femme est la plus fertile. Sommet de la carrière entre 25 et 40 ans, période où les femmes sont naturellement occupées par leur maternité : productivité et disponibilité maximales sont requises. Mais après 40 ans, quand les enfants sont grands et les femmes rayonnantes, au sommet de leur maturité, disponibles pour se donner à autre chose : trop tard. Si vous n’avez pas « fait vos preuves », c’est que vous avez raté quelque chose ! »

Ces mots sont ceux de Marianne Durano, philosophe que nous avions interrogée en novembre à propos du féminisme (lien dans la bio).

Ça ne parle pas de contraception, me direz-vous. C’est vrai. Ça ne parle pas des avantages d’une méthode ou des inconvénients d’une autre. Ça ne vous donne pas de leçon de morale sur ce que vous devez faire ni de leçon de mode sur ce qu’il est branché de faire. Ça vous fiche un peu la paix, finalement, sur la question du « comment ». Nous en avons parlé, nous avons questionné ces choix : libre à chacune désormais de faire le sien.

Ça ne parle pas de contraception, mais ça parle de fertilité. A l’heure où l’on revendique le respect (dû) à l’intégrité des femmes, ne serait-il pas temps de mettre les pieds dans le plat ? De questionner ce modèle économique et social, marqué au fer du capitalisme, qui fait de nos relations sexuelles des lieux de consommation et de performance, ignorant tout de la réalité de nos corps ?

Pour que la contraception ne soit pas un couvercle posé sur une féminité qui dérange, osons tenir un autre discours. Pour que les méthodes que nous choisissons respectent nos équilibres physiques, osons nous questionner et nous former. Pour que nos décisions de refuser, de repousser ou d’accueillir un enfant soient libres et éclairées, osons interroger nos choix professionnels et nos aspirations profondes.

Osons dialoguer, en couple comme en amitié, de tous ces sujets. Ne laissons pas nos corps devenir, une fois encore, la variable d’ajustement. Osons mettre la fertilité et sa temporalité au cœur de nos réflexions.

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