Madeleine : moins bouger pour mieux vivre

Un jour, à 21 ans, j’ai quitté la ville et je suis partie marcher. Cinq mois. En France, uniquement. Et pourtant, je suis allée au-delà de bien de mes frontières…

A mon retour, j’ai renoncé à TGVmax, puis à mon abonnement Navigo. Je suis désormais une adepte du vélo.

Laissez-moi vous expliquer.

Après avoir sillonné la France à pied, à l’allure d’un escargot, passer d’une ville à l’autre en quelques minutes m’a semblé absurde. Relier Montpellier à Lyon m’avait pris…plus d’un mois ! Abritée souvent chez l’habitant, je savourais des histoires singulières, ancrées dans une région, un simple village parfois.

Aussi l’année suivante, terminant mes études à Paris, j’ai compris que je ne pourrais avancer dans ma vie sans renoncer à quelque chose.

C’est en résiliant mes abonnements de mobilité illimités que j’ai redécouvert une forme de liberté. La liberté d’être chez moi, sans rien faire parfois. De suivre une activité le weekend, tout au long de l’année. De reconnaître les torts de mes voisins peut-être, mais au moins, de les connaître. De privilégier l’amie qui, de fait, habite à côté. D’y aller sans prévenir, ou presque. La liberté de cuisiner, de décorer mon intérieur, puisque je passais désormais du temps chez moi, avec amies ou sœur. De remarquer le bébé de l’immeuble d’en face, langé tous les matins à la même heure. A ce moment-là, c’était quelque chose de réellement nouveau pour moi.

Ces limites que je m’étais posées, par souci de cohérence et de sobriété, me libéraient d’un rythme qui ne m’était pas ajusté.

J’avais rencontré tant de personnes et d’histoires stables et enracinées. Je voulais à présent devenir l’une d’entre elles. Accueillir celui qui passerait, lui présenter ma maison, ma famille, ma région. Lui offrir quelque chose de la manière de vivre des gens « d’ici ». M’ancrer dans la vie autrement : par l’espace et par la « terre ». Ou plutôt, ici, la pierre !

J’étais loin de m’imaginer que m’astreindre, un peu par devoir, à moins bouger, m’amènerait à vivre le plus beau des voyages : mon voisin de chorale, celui à qui j’ai mis plusieurs mois avant de parler, j’ai fini par l’épouser.


✍🏻 Madeleine Saives

Articles recommandés

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *