La limite s’oppose à la liberté.
Du moins, dans nos esprits.

Nous comprenons moins celui qui renonce que celui qui jouit sans entraves. Plus attirant est celle qui ne se donne aucune restriction, prête à tout pour explorer et expérimenter. Le sédentaire et le déconnecté sont autant de personnages que nous rejetons. Heureux ceux qui auront fait de leur vie une quête permanente de l’ailleurs et du autrement.

En effet, comment penser différemment dans un monde où tout semble possible ? Où l’on nous promet tout en 3 clics et 24h de livraison ? Comment renoncer à l’ailleurs quand on peut y être en moins de temps qu’il ne faut pour traverser Paris à 19h ? Comment ne pas partager quand il existe autant de possibilités de le faire ?

Comment refuser le mouvement ?
Comment résister à cet éternel élan en avant sur lequel notre société semble construite ?

Alors pourquoi avons nous quand même envie d’écrire « heureux les limités » en ce mois de septembre ?

Car nous savons bien que ce que nous essayons réellement, c’est d’être pleins. C’est-à-dire d’être « faits dans un matériau qui ne comporte pas de vide ». Nous cherchons la plénitude. Un état d’intensité et de force totale. Ce quelque chose qui remplit les sessions de yoga, de méditation et de développement personnel.

Ce « juste assez » là et maintenant. Cette absence de besoin et de projection qui nous ferait dire que là se trouve le bonheur.

Alors, comment dire non à l’illimité ?
Ou plutôt, comment être limités sans pour autant renoncer à vivre dans et avec le monde ?

Car, en effet, « il y a deux manières opposées et cependant comparables de punir un homme : le condamner à l’enfermement ou le jeter dans l’infini. » JC Rufin


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