« Tu t’entends bien avec ta famille, toi ? ». Question piège.

Si je dis oui, je mens un peu en oubliant le caractère bien trempé de ma belle-mère et les indélicatesses de mon père.
Si je dis non, je néglige la douceur des moments partagés et l’intensité de mon attachement.
Si je dis qu’on s’entend bien, on est surpris. Comme s’il était impossible que dans une famille les choses soient fluides.
Si je dis que c’est compliqué, on me répond ces phrases toutes faites (« c’est jamais simple, la famille »).

Répondre à cette question est difficile, car toute réponse sonne comme un engagement. Qui figerait toute relation, sans laisser la possibilité à chacun de changer et au lien de se tendre et de se détendre.

« C’est jamais simple, la famille ». Pourquoi ?

Parce que nous avons tous gardé au fond de nous une part d’enfance, un « petit moi » qui demeure. En grandissant les choses évoluent, les personnalités s’affirment, les choix nous rapprochent ou nous éloignent, mais cet enfant lui, reste.

Cet enfant est souvent celui qui est blessé, que l’on n’a pas (assez) écouté, que l’on a trop souvent moqué, qui n’a pas été assez aimé. Cet enfant restera ancré tant qu’on ne lui rendra pas justice, qu’on ne le regardera pas avec une tendresse infinie et une empathie puissante.

Quand les conflits grondent de façon parfois disproportionnée, incompréhensible avec notre maturité d’adulte, il ne s’agit plus tout à fait de nous. Il s’agit de ce « petit nous », qui essaie tant bien que mal de prendre une place, de demander la justice, de vivre, de survivre dans ce brouhaha, ce mélange d’amour et de colère, qu’il perçoit avec sa maturité d’enfant.

En ne le reconnaissant pas, on s’enlise dans un fonctionnement qui ne résout pas les conflits.
En ne l’écoutant pas, on se fait du mal.

Ce mois-ci, on vient dans vos valises. Vers des déjeuners ensoleillés mais parfois gâchés par des discussions mal amenées, vers des soirées rafraîchies par la nuit qui résonnent de rires et de confidences.

Finalement, au mois de juillet, on voulait parler d’amour.

Car, dans nos familles, ce qui déborde, ce qui manque, ce qui s’exprime ou ce qui se tait, c’est l’amour.

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