Etre un père libéré, tu sais, c’est pas si facile

Alors que l’on s’empare (enfin) de la maternité dans le débat public, que l’on parle à raison de #postpartum, d’allaitement etc, la paternité moderne, elle, reste trouble.

Pater : mot indo-européen puis latin donnant father, vater, père.
« Celui qui engendre », qui donne le nom pour assurer sa filiation, puisque celle de la mère est assurée à la naissance.
Celui qui donne le nom… et le « non ».

Alors on serait tenté de s’engouffrer dans cette vision qui a traversé les siècles. La mère berce son enfant dans un tête-à-tête fusionnel quand le père le porte sur ses épaules, offrant le monde à son regard. La mère incarnant la tendresse, le père l’autorité.

Ce serait pratique. Et c’est plein de vérité.

Mais l’on sait bien aujourd’hui que cette figure du père, dont le poids de la règle engendre souvent peur et culpabilité, est réductrice et excessive. Autant que la figure du père cool et copain à qui l’on interdit d’interdire.

Et si le juste modèle paternel se dessinait dans un juste rapport à la limite ?

La frontière délicatement tracée entre l’enfant et sa mère, patiemment transmise entre le bien et le mal.
Les règles et les bornes plantées non pour réprimer et dresser mais pour éduquer et baliser le chemin.
La pulsion réfrénée pour ouvrir au désir.
Les repères transmis pour échapper au terrible « tout est permis » qui signifie, au fond, « tout se vaut ».
Ces limites qui structurent et élèvent.

Mais il y a aussi les propres limites du père, que l’enfant perçoit : papa ne sait pas tout, ne peut pas tout. Et c’est précisément ce qui m’autorise à grandir.

A l’heure des injonctions toujours plus nombreuses qui peuvent venir challenger mais aussi déstabiliser l’exercice instinctif de la « fonction paternelle », osons parler d’une paternité limitée.

Mon père, dans son discours d’adieu à son propre père, disait de lui qu’il était « un repère, ou en termes de marine nous dirions un amer : solide, toujours là. Avec ses qualités et ses défauts, tous revendiqués avec autant de force, il était facile, pour nous ses enfants, de nous positionner, de choisir. En un mot : de devenir des adultes. »

C’est finalement le but. Non ?

🖊 @lesptitsblonds x @victoire.eyraud

Articles recommandés

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *