De maternité et de sentiment amoureux.

Être amoureuse et mère.

Quelle drôle d’image !

Dans notre imaginaire collectif, l’amoureuse est celle qui s’envole, légère, au devant son amant. Fluidité de la robe, insouciance de l’âme, laissant dans l’air un mélange de parfum et de sensualité.

Nous sommes loin, très loin, des couches, du tire-lait, des coliques du nourrisson ou des réveils nocturnes.

Alors, être amoureuse tout en étant nouvellement mère, est-ce possible ?

Nous pourrions évoquer la dilatation du cœur que permet la maternité, l’intensité dans laquelle nous plonge les premiers instants de vie de notre bébé. Le regard renouvelé sur cet homme devenu ou redevenu père. Nous pourrions parler de cette fusion du couple en l’enfant. Et, par un tour de passe-passe, faire croire que cela revient au même.

Mais nous ne parlons pas de cela. Nous parlons de tomber amoureux. Nous parlons d’être amoureux. Avec toute la lourdeur dramatique et l’impertinence que cela comporte. De ce sentiment qui ne regarde pas l’heure, qui donne une énergie empêchant de dormir, qui ne cesse d’avoir envie de l’autre et de l’admirer à chaque instant. Cet état pur et intense dans lequel nous aimerions nous lover et ne plus jamais sortir.

Il suffit d’écouter ces femmes autour de nous, nos voisines, nos amies, pour comprendre qu’il est si difficile de rester amoureuse. D’avoir envie dans son corps quand, courbé et fatigué, il se donne aux autres toute la journée. D’être désinvolte quand nous incombe soudain cette immense responsabilité.

Se réserver du temps pour deux, vous conseillera-t-on. Faire revivre la passion, prendre soin de soi, se donner des rendez-vous. Et, surtout, oublier le quotidien fait de routine et d’aménagements à deux. Beaucoup de travail, en somme, pour raviver l’étincelle… Pourtant, le sentiment amoureux, n’est-ce pas celui qui, éphémère, ne se commande pas ? Qui nous surprend au détour d’un jour sans que nous puissions l’arrêter ? Un vertige d’autant plus grisant qu’il est imprévu ?

Et vous, qu’en dites-vous ? Être mère et amoureuse : un défi possible ou une douce chimère ? La plénitude de l’un accompagne-t-elle ou empêche-t-elle la plénitude de l’autre ?



– Marie-Amélie Clement et Lénaïg Steffens

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