Bref, je suis une fille compliquée.

« C’était bien avec tes copines ? » Oui, top. 

« Alors le diner ce soir, c’était cool, non ? » Ouais c’était troooop sympa. 

Non, en fait c’était bof. Mais je ne comprends pas pourquoi. J’avais pourtant tout pour apprécier. Ma collègue, mes potes, mes copines (gros plus), mes belles-sœurs chéries… Et le pire, c’est que je ne sais pas comment lui dire. Je sais ce qu’il va me répondre : 

« T’es vraiment jamais contente, en fait ». 
Non, ce n’est pas vraiment ça.

C’est comme après avoir mal pris une toute petite prise de position de ma belle-mère et avoir décidé que, la prochaine fois, je lui dirai vraiment les choses. Et cette prochaine fois, ne pas du tout apprécier le fait qu’elle fasse tout comme je le lui avais demandé… 
« Mais je ne comprends pas, elle a fait des efforts pour toi, tu devrais être contente ! »

C’est comme après avoir convenu avec cette copine de nous retrouver à 16h, et ne pas avoir toléré ces 12 minutes de retard, ne pas avoir profité de ce café parce que franchement, elle abuse, elle croit que je n’ai qu’elle dans ma vie… Et en rentrant ne raconter que ce détail, tellement inutile, face à la profondeur de nos échanges.
« J’ai l’impression que tu es déçue alors que ça avait l’air trop sympa, je ne comprends pas. »

C’est comme après m’être plainte que l’appart était vraiment vraiment mal rangé, et n’autoriser personne à ranger MON bazar… 
« Euh… Pardon, je voulais juste te faire plaisir »

C’est comme après m’être plainte que mon mec ne m’emmenait pas assez au resto, qu’on ne sortait pas assez tous les deux, sans la bande, sans les petits, et le regarder me proposer maladroitement qu’on aille passer un petit week-end à la mer… Et me surprendre en train de me dire (dans ma tête évidemment) que, franchement, ce n’est pas du tout le bon week-end (mais il le fait exprès ??) entre le froid, les petits surexcités, l’anniv de ma (meilleure) copine, mes règles … 
« C’est une blague ?! »


Après tout ça, et après avoir ruminé pendant des heures, il fallait que je me rende à l’évidence : 

Je suis une fille compliquée.


C’est normal que tu aies du mal à me suivre. Moi qui trouve tout le monde trop compliqué, en fait c’est moi qui suis prise au piège. Tout est un nœud à défaire, tout est une (petite) montagne à gravir, tout est long, rien n’est simple. 

« Mais tu es hyper exigeante en fait, rien ne te va jamais ! Tu te rends compte de l’énergie que tu perds à essayer de tout interpréter et de tout compliquer comme ça ? Je n’arrive pas à te suivre, là. »

Les choses étaient dites, il lâchait l’affaire, il me laissait seule avec cette montagne, ces nœuds, la vie quoi. Mais comment font les gens qui ne se posent jamais de questions ? Ceux qui se lèvent le matin avec leur humeur, leur sac à dos d’épreuves et de joies mais qui ne s’en rajoutent pas en se posant mille questions, en mettant des obstacles partout ?

Ce n’est vraiment pas contre toi, c’est plus fort que moi !

Oui mais là, il faut vraiment que je rende ma vie plus simple. Je ne sais pas trop comment je vais faire, ni si je vais y arriver, mais j’aimerais. 

J’aimerais passer juste une journée sans intellectualiser mes relations, sans voir de sous- entendus là où il n’y en n’a pas. 
J’aimerais réussir à accepter l’imprévu, à l’accueillir avec bonheur. 
J’aimerais comprendre que l’autre est différent de moi, qu’il ne peut donc pas voir les choses comme je les conçois.
 

Je me suis aussi rendue compte que la complexité surgit quand il y a de la place pour. Quand il y a un blanc, un gros blanc. Quand je ne sais pas trop où aller, quand je m’ennuie peut-être, quand les choses sont un peu fades. Et comme « la nature a horreur du vide » je le remplis, comme je peux. Mais elle a le droit d’être un peu vide, la vie. On peut trouver notre quotidien un peu fade. D’ailleurs, cette année est plutôt très très fade pour beaucoup. Seulement ce n’est pas en la remplissant de questionnements sans fin et de regrets qu’elle le sera moins. 

Inspiration, Expiration. 3 fois. 
« Tu as raison. Je crois que je me complique un peu trop l’existence. Ce n’est pas facile ! Je vais essayer de faire attention. »

Sourire, tendresse, mains sur mon visage, douceur. 
« T’as le désir du désir, c’est déjà ça ma chérie. »


La simplicité, c’est vraiment délicieux en fait.

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