« On a de la chance, quand même. A notre génération, les femmes ont le droit de travailler. »

Elle est intéressante, cette idée. Elle sous-entend plusieurs choses.

D’abord qu’il fut une époque où les femmes ne travaillaient pas. Absurde ? Pas tant que ça. C’est le tour de passe-passe d’un féminisme Beauvoirien à l’excès, fondé sur l’image de la grande bourgeoise recluse dans sa cage dorée et condamnée à la coquetterie. Balançant ainsi aux oubliettes de l’histoire les paysannes, les ouvrières, les domestiques, les artisanes et les artistes qui n’ont certainement pas attendu Simone pour se retrousser les manches…

Elle suppose aussi que travailler est nécessairement une chance. Il serait intéressant d’en discuter avec les travailleuses des siècles passés mais aussi avec beaucoup de nos sœurs, en France et ailleurs… Qui se lèvent chaque matin le cœur lourd et le dos fatigué, lasses de soulever leurs outils, de porter leurs charges, de faire tourner leurs machines à coudre ou de taper sur leurs ordinateurs.

Réfléchir sur les femmes au travail nécessite de désembourgeoiser nos regards. Il suffit d’avoir quelque peu voyagé pour constater que le travail des femmes n’est pas l’apanage des sociétés « modernes », et que le travail peut oppresser autant que libérer.

Alors de quoi parle-t-on lorsqu’on dit que « travailler est une chance » ?

Quel est ce fameux travail censé nous épanouir ?
Quelles stimulations, quelles reconnaissances et quelles libertés peut-il offrir ?
Les femmes ont-elles un rapport au travail nécessairement différent de celui des hommes ?

L’exercice d’une activité professionnelle choisie, utile à la société, source de revenus et respectueuse de nos besoins est une chance inouïe, nous pouvons en témoigner. La présence des femmes à des postes à responsabilités est vitale pour le monde, nous en sommes convaincues. Le travail peut être une chance pour les femmes : à quelles conditions ?

C’est parti pour un mois de réflexions, de discussions et de remises en questions !

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