On a 10, 16 ou 20 ans. On se promet avec le cœur. « On élèvera nos enfants ensemble », « ils seront comme des cousins », « tu seras la marraine de mon 1er » ! On est fières de cette amitié solide, de cette intimité de presque sœur. Puis, la maternité arrive pour l’une, pour l’autre. Elle chamboule tout sur son chemin et les promesses d’alors ne sont plus la priorité.

Qu’il est difficile d’accepter que la vie change parfois les relations et que le lien absolu que nous portions à notre amie n’a plus sa place. Qu’il est dur de trouver le temps ou d’accepter que nous n’en avons plus autant. Qu’il faut redéfinir les rapports, invariablement.

Qu’il est difficile de constater que non, la maternité ne suffit pas toujours à constituer un point commun.

Qu’il est décevant, triste même, d’apercevoir que cette partie de nous, cette identité tellement profonde qu’est la maternité nous éloigne de certaines amies, empêchant une relation plus vraie et profonde. Alors, il devient plus facile de ne parler que des enfants. Les poussettes, la crèche, l’école, la méchante maîtresse, les camarades pas assez fréquentables, les habits chinés sur Vinted. On bavarde. Puis, on prend quelques instants de recul et on se rend compte qu’on ne sait rien, qu’elle ne nous dit rien. Finalement, comment elle la vit, elle, sa maternité ? Elle est heureuse tu penses ? Est-ce que je lui offre un peu de moi aussi ? Rien n’est à dévoiler, tout est verrouillé. Tout va bien, rien à signaler. Nous qui pensions que notre maternité nous lierait, elle nous éloigne.

Mais qu’il est bon parfois de voir que la maternité est l’occasion d’un véritable cœur à cœur.

Qu’elle est douce alors cette amitié partagée, qui conseille, qui écoute, qui comprend, qui guide, mais sans jamais penser qu’elle ferait mieux, elle. Qu’elle est rare, cette relation qui apaise, panse, rassure. Qu’il est beau ce lien qui malgré les différences de chacune, unit. Qu’elle est joyeuse cette amitié qui moque nos ratés quotidiens, nos laisser allers. Qu’il est bon de pouvoir demander, sans craindre la comparaison.

Qu’il est heureux d’être ensemble, la mère qu’on est, tout simplement.





– rédigé par Lénaïg Steffens et Marie-Amélie Clement

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