Ce mois-ci nous vous avons parlé de pornographie. La pornographie, sexe cru et hygiénisé, qui ne prend aucun risque en faisant croire qu’elle les prend tous. Qui révèle tout sans ne rien montrer d’autre, au fond, que l’emboitement de corps désincarnés et déshumanisés. Qui abîme le regard sur son propre corps et sur celui des autres.


Ok, très bien. Mais on en retient quoi ?

Tout d’abord, le rôle des femmes dans la pornographie. Loin d’être seulement les victimes d’une image abimée, elles jouent pleinement leur part en essayant de se conformer à ce qu’elles visionnent ou, a minima, ce qu’elles imaginent être vu. Pour plaire et faire plaisir au-delà d’elles-mêmes.

Ensuite, l’ampleur de la consommation pornographique souvent sous-évaluée ou ignorée : 1/4 de la population française, 1/3 du trafic sur internet, 1/3 des enfants de 12 ans. Des chiffres qui ne doivent pas seulement effrayer mais pousser à l’action et à ouvrir enfin les yeux sur notre environnement.

Enfin, l’impact durable sur le rapport à l’autre : dans le regard posé sur l’autre sexe, dans la découverte amoureuse, dans la sexualité d’un couple ou dans le confort et la solitude d’une chambre.



Que peut alors la féminité face à cette culture pornographique ?

Une PRISE DE CONSCIENCE de cette culture sous-jacente, silencieuse et banalisée qui fait des corps des outils de performance, de maximisation et de perfection que l’on expose et possède. Ces corps qui sont, au contraire, fondamentalement érotiques et faits pour être touchés, effleurés, suggérés.

Un REFUS de se conformer à cette image déformée et possessive. Ne plus y voir une forme de liberté du corps ou de jouissance affranchie d’un carcan étouffant de pudeur. Mais bien un nouvel emprisonnement : celui du spectacle, de la performance, de la fausse toute puissance.

Une ENVIE de réapprivoiser le clair-obscur de l’intimité, de l’érotisme et du lent dévoilement des corps. De réhabiliter le regard aussi. Pas seulement celui qui se pose sur une scène pornographique, qui se joue d’ailleurs souvent de dos et renonce au visage ; mais celui de la rencontre. Du toi et du moi, pleins et entiers. Face à face.

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