Comme à chaque rentrée, on me demande si j’ai passé un bon été. Mais qu’est-ce que c’est, vraiment, un bon été ?

Il faut avouer que, dans les lunettes de certains, le mien ne fait pas rêver. Entre réveils inhabituels pour cause de changements de lieux, chaussures perdues sur la plage, nécessité de dîners très tôt sous peine de cris incessants pendant l’apéro et réveils aux aurores… Mes étés se sont sans doute « détériorés », sont finalement devenus assez limités par rapport à tout ce que j’aimerais faire.

Partout, nous pouvons lire que la recette du bonheur se trouve dans la sortie de sa zone de confort : « osons dépasser nos propres limites ».

Mais pour moi aujourd’hui, dépasser ma limite ne veut plus dire sauter en parachute pour vaincre mon vertige. Sortir de ma zone de confort ne signifie plus partir des mois à l’étranger pour comprendre une autre culture.

Aujourd’hui, repousser mes limites c’est accepter ma limite.

Juste accepter le fait que je sois limitée dans mes déplacements, des projets, mes désirs. Et je peux vous assurer que c’est extrêmement inconfortable, comme zone.

Alors oui, on peut dire qu’il s’agit d’une magnifique occasion de prendre sur soi, d’une belle façon de passer du temps avec ses enfants, d’un chemin pour s’élever en s’oubliant… Mais dans les faits ce sont aussi de belles occasions de prise de tête avec son mari, de tensions avec sa belle-mère ou sa cousine pourtant chérie, de retour de congés fatiguée et d’impression d’être passée à côté de nombreux bons moments.

Et puis regretter de penser les choses ainsi, et puis culpabiliser…

Et si nous regardions les choses avec un peu de bienveillance et de réalisme ? Et si nous acceptions nos limites sans pour autant les magnifier ?

En reconnaissant que les choses ne sont pas faciles, parfois pesantes. En parlant, en partageant et en acceptant qu’il n’y ait pas tout de suite de solution. Ou plutôt en acceptant de trouver de petites solutions : de fins aménagements, certaines ressources à valoriser, certains facteurs de stress et de difficultés à éloigner.

Et en se rappelant aussi qu’ils finiront par appartenir au passé, ces étés limités.

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